
Giacomo Moor
C’est peut-être à partir de ma thèse (Difetti di pregio. Ebanisteria tra scultura e design. 2007) où après le master en Industrial Design au Polytechnique de Milan, que j’ai cherché à adapter mes études sitôt finies avec ma passion pour le travail du bois née pendant les années d’université grâce à la fréquentation assidue d’un atelier d’artisans spécialisés.
Ainsi est née l’idée de dessiner, mais surtout de réaliser en première personne des objets en bois (pièces uniques ou petites séries) dans lesquelles l’aspect manuel pouvait devenir essentiel et se voir instantanément.
Le bois par rapport à tous les autres matériaux, bouge, se dilate, se tort, avant, pendant et après sa manipulation. Il s’agit d’un matériel au caractère inquiet, qui a toujours été considéré comme une limite par les spécialistes. J’ai essayé de faire en sorte à ce qu’il devienne mon allié. De cette manière : imperfections, fentes, cassures, noeuds, vers, oxydation, ne sont pas éliminées ou détruites, mais deviennent des traits distincts qui valorisent mes travaux. Impossible d’y penser avec un autre matériel !
Le choix d’une essence et d’un type de bois ne veut pas suivre la logique du marché. Ne veut pas satisfaire le goût esthétique ou les modes actuelles, mais est lié aux caractéristiques profondes de ce type de bois, qui le rend différent des autres : il est plus noueux, il est plus facile à creuser, il réagit mieux à l’eau, il se fend…
Le travail de Designer tout court qui dessine avec crayon et papier et cherche les collaborations des entreprises pour concrétiser son intuition, ne pourra jamais m’empêcher d’abandonner ce défi qui consiste à transformer le bois en première personne dans la tentative, souvent vaine, d’arriver à le soumettre et à le valoriser.
Giacomo Moor
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Découvrez l'interview de Giacomo MOOR pour L'EDITO
